histoire adulte : Gays
Un soir allongé sur le sol frais du bois de Boulogne à scruter le ciel bleu-noir sans fond, tout proche et si loin, suspendu en son vol. Pas de vent. Il ferme les yeux. Il entend quelques pas de ces certaines personnes qui souffrent d’une solitude, qui vont à défaut de courir chercher des plaisirs dans un corps inconnu à peine dévoilé par les rayonnements de la lune morte à travers les dizaines de branches. Ils vont plonger dans les pénombres et baiser à même le sol plein de ronces, ils vont imaginer ces femmes qu’ils n’ont pas pu toucher.
Et la demoiselle qui se laisse faire, qui n’embrassera pas, restera ce phantasme d’un homme le temps d’une jouissance tronquée, volée, meurtrie par la tristesse ou la fausse joie. Lui il était venu se balader seulement en cette fin d’après midi d’automne qui marque le début de la nuit hivernale froide et venteuse. Il était certainement seul lui aussi. Son nom…Francois, oui c’était son nom et je crois qu’il s’appelle toujours ainsi
Loin
Autre part dans paris
Alexandre marche rue de la liberté. Il se dit qu’il n’y a qu’une rue pour s’appeler ainsi… Elle est déserte…
Il est venu ici. Où aurait-il pu aller de toute façon ? Il avait le vague souvenir qu’ici logeait un ami. Alors après quelques vagues hésitations, la gnôle - qu‘il avait vu dans un petit café minable de la rue saint-martin - l’aida à …
« - dring dring
- oui?
-c’est moi Alexandre..
Pour la nuit…. s’il te plait…
-bien sur monte »
Il préféra monter par l’escalier et grimper par quatre marches comme un grand gamin.
Il arriva au cinquième étage. Il appuya sur la sonnette. Le plancher grinça, craqua et la porte s’ouvrit laissant découvrir le corps nu d’un homme.
Muscles relâchés, graisse légère caressant son squelette. Une douce chevelure frisée ballonnant gracieusement son visage. Un sourire d’enfant devant un ami d’enfance. Une courbure légère dans le dos, un corps nu s’offrant à lui dans toute sa splendeur et son naturel. L’ami s’empressa de se faire pardonner et de se vêtir d’une robe de chambre. Alexandre lui restait là , planté là .
Ils s’assirent tous deux auprès d’un petit feu de bois et cédèrent à quelques paroles et souvenirs qui se contredisaient vaguement pour s’accorder vivement. Son ami était toujours nu. Il avait retiré son peignoir et s ‘était glissé sous une couverture légère qui laissait devinait les formes de son corps. Le sommeil les guetta et ils s’endormir l’un contre l’autre. Alexandre était lui aussi maintenant dans sa tenue fœtale, sous la couverture auprès de lui.
Alexandre se mit à se souvenir de N. (c’était le prénom de son ami), de son corps, de cette nuit même. Il pensa peut-être que son ami s’était naturellement présenté ainsi à lui dans l’apparat le plus simple, le plus beau, preuve d’une amitié qu’il désirait ardemment unique de la part de ce corps.
C’était le soir sur un matelas, c’était une simple couverture et pourtant il était heureux là , à demi-anesthésié. Des pensées plus tristes, comme la mort d’une artiste qu’il avait pleuré alors qu’il ne la connaissait que par ses tableaux, remontèrent comme l’escapade de la fumée d’un cigare. Alors il se rapprocha et se colla au corps de son jeune ami. Cela faisait finalement pas si longtemps qu’il s’était connu… Alexandre sentait le corps chaud de son ami. Ces deux masses légères, calmes et allongées, imbriquées ensemble dans un amour improbable, se tenaient là … Ils avaient suffisamment parlé…
Alexandre s’était collé sur le dos de son ami qui se tenait sur son flanc gauche. Le sexe collé à l’interstice des fesses, le gland chaud et calme, le ventre contre le dos et les mains plaqués sur le sexe de N. afin de ne le dévoiler à personne d’autre…..
C’est dans la demie-obscurité attenante à la lumière d’un feu qu’Alexandre posa ses lèvres sur l’épaule de son complice. Il ne savait pas trop tout ce que cela voulait dire….finalement il l’aimait à sa façon. C’était comme ça et c’était tout. Ca durerait quelques heures puis il partirait. Alors chaque minute il se délectait à les retarder sur l’horloge qu’il fixait. Par moments, sans comprendre, il se mettait à inspirer fort et à lécher le dos de N.. En temps normal, il aurait été dégoûté, répulsé par cette attitude trop animale et intime pour être dévoilée au grand jour. Mais c’était la nuit… Alors avec ses mains, il pianotait le corps de son « soi-même comme un autre ». Il remontait vers le ventre, tournait autour du nombril et glissant sa langue sur la nuque de son complice d’un soir. Puis, irrésistiblement, il joua avec le bout des seins qui pointaient. Son ami se tortilla d’un mouvement ce qui pressa son sexe turgescent contre ses fesses. Cela ajouta à son excitation. Il avait besoin maintenant de lui montrer combien il l’aimait, ou combien il croyait l’aimer. Et puis on s’en fou de savoir si tout ça est vrai ou pas, il en peut plus, il a envie de pleurer contre lui au moment de jouir, il a envie d’esquisser des sourires, d’esquiver des regards qui le confondraient dans ta timide pudeur. Alors courage ment il caresse du bout de ses doigts les lèvres de N. et frotte son gland contre le derrière de son aîné qui se cambre dans une expression de désir amoureux. Il tourne la tête, les langues échangent un peu de salive, contrat d’un amour nocturne. Alexandre empoigne alors le sexe de son ami et commence à faire des mouvements de bas en haut. L’autre garçon, qui commence sa vie d’homme, s’agrippe comme il peut au corps d’Alexandre qui glisse son gland dans son ami qui gémit en signe d’approbation. Ils finiront ce soir dans des cris étouffés pour ne pas les partager, dans une jouissance à deux, un plaisir secret, un amour sincère temporaire….
petite-loutre
Profil : Doctinaute d’argent Posté le 19-03-2006 à 09:12:30
Ben, je sais que tu attends des commentaires… Mais j’ai l’impression qu’il y a peu d’homosexuels sur ce forum.
Et moi, sur le fond de l’histoire je ne peux pas te dire grand chose, les histoires où il y a des couples/hommes/femmes ne sont guères mes favorites.
Par contre, sur la forme, tu as un style d’écriture très très bon et sensuel.
Dans ton titre, tu aurais du préciser que c’est une histoire gay, ça aurait attiré immédiatement tous les gays de cette rubrique.
Bonne continuation à toi.
Profil supprimé
Profil : Habitué Posté le 19-03-2006 à 13:59:04
continue de suivre petite-loutre, il n’y aura pas que des couples/hommes/femmes…merci bcp
la suite bientot
petite-loutre
Profil : Doctinaute d’argent Posté le 19-03-2006 à 14:00:54
Je lirai ça, d’accord.
Profil supprimé
Profil : Habitué Posté le 19-03-2006 à 14:55:53
Loin
Autre part dans paris.
Le pas rapide et long, il avançait dans une vague indétermination. Derrière son œil flou qui se penchait au sol, il observait chaque fait, chaque geste, le tortillement d’un cou, l’arc du dos, le jeu des mains, l’agacement des muscles sur le visage. Son corps servait sa pensée. Le corps naît de l’idée et improvise quelques tours, émotions, rendant plus sublime, plus subtile la graisse et la peau que l’âme même. Voilà à quoi il devait songer quand il marchait seul dans la rue. Mais ce soir, ou plutôt cette nuit, François, qui avait quitté la forêt pâle des prostituées et de leurs arbres, voyait minuit passer, ballottant, sur les traits des horloges chrétiennes qui ont la prétention de donner l’heure juste. Il était maintenant dans un état latent, d’inconnu, de semi-coma, ni vivant , ni mort, il tentait désespéramment de se souvenir de sa naissance. Mais il n’y avait presque pas assisté alors la mémoire l’avait lâchée dans l’oubli de son premier jour. Une phrase l’avait sûrement marqué ce jour là , c’est d’ailleurs, son seul souvenir. C’était entre sa père et sa mère ce 16 janvier dont il ne se souvient plus du siècle.
« -voilà deux jours que je l’ai dans mes bras et que je m’en lasse déjà rien qu’en pensant aux jours suivants et années futures qui seront toutes les mêmes.
-Moi aussi, mon amour j’ai peur. Tout ça ressemble à l’automne…..nous pourrions peut-être l’appeler ainsi…Automne…. »
Heureusement sa grande tante se heurta vigoureusement à cette idée et il prit ce soir là (car la journée avait passé) le nom de François. Cela lui plut et il en devint royaliste.
A cette pensée, il esquissa un sourire.
Il continuait de marcher rue des Jasmins, une rue où un jour il avait aimé. C’était d’ailleurs la seule fois. Cela s’était passé à son plus jeune âge alors que sept automnes avaient défilé devant ses grands yeux bruns d’enfant.
…….Il rentrait d’école et suivait une amie de sa classe. La jeune fille répondait au nom d’Émilie. Elle avait bien compris le manège du jeune stratège. Elle s’en amusait même cette petite garce. Mais au moment où il voulut accélérer le pas pour lui avouer son envie, elle disparut. Il avançait déçu et sonné. Et surgit alors de l’immeuble n°39 de cette même rue, la mignonne, la coquine qui lui glissa un secret sur la bouche avant de s’éclipser. C’était son seul amour qui durant dix ans il gardait en secret, ce même secret qu’elle avait accepté…..