recit coquin : Guenievre
Que puis-je vous dire quand vous n’êtes pas là ?
Que puis-je ressentir que je ne ressente déjà quand
Vous ne m’appelez pas, quand je ne vous téléphone pas ?
Je sais que c’est simplement un défi que vous me lancez,
Que je vous envois à la figure comme une sorte de violence
Que je recherche dans vos égards…
Chercher l’orage quand on ne désire que le soleil.
Partir sur de la colère pour jouer l’amour toujours plus fort…
Attendre la guerre quand c’est simplement la paix qui peut nous satisfaire.
Se faire mal, douter, se dérouter, pour se découvrir pire que nos pensées
Nous le laissent présager.
S’envoûter et s’annuler seulement pour détruire ce que le temps et nos esprits
Ne se lassent de construire.
Fuir et refuser de partir parce que nos désirs sont plus forts que nos actes et qu’ils
Engendrent nos pensées contre lesquelles le plus grand comédien ne peut lutter.
Que puis-je écrire sinon que vous me manquez et que je me complais
De votre absence.
Que je m’en délecte comme d’un fruit défendu.
Que j’oublie le monde pour ne plus vivre que dans mon songe.
Que tout me deviens superflu devant vous qui n’êtes toujours pas là …
Que votre manque, que vos regards, que votre voix dans ma mémoire portent
Toujours plus haut, plus essentiel votre retour et que je le redoute encore plus
Que puis-je faire, sinon subir et solliciter de ne plus vous voir, de vous oublier,
Vous qui peuplez mes journées et ma vie de votre présence par votre absence.
Quand je suis avec vous, je peux penser à ailleurs,
A d’autres choses, quand vous n’êtes pas là , je ne puis plus réfléchir
Je suis hantée, visitée, violée, abandonnée à votre âme qui de si loin
Semble correspondre avec la mienne.
Que puis-je vous dire de plus, que vous ne ressentiez déjà ?
Que puis-je affirmer sinon que j’aimerai partir, fuir plus loin
Et que si partir c’est mourir un peu, rester me fait mourir un peu plus chaque jour.
Que je ne me reconnais plus, que je me reconnais trop, que j’ai trouvé qui
J’étais.
Que j’ai trouvé le chemin si longtemps perdu…
Mais pour aller où ? pour aller quand ? pour aller comment ?
Là -bas, tout là -bas à travers champs et versants,
Rechercher Excalibur au fond du lac, et aimer
Le sourire de Lancelot jusqu’en devenir Sacrilège.