Quand j’étais au collège, j’avais toujours fantasmé sur mon prof de piano. Elle s’appelait Alexandra Grenaud. Elle jouait magnifiquement bien, je me rappelle a quel point j’étais complètement en trance quand elle m’a appris mon tout premier morceau « Clair de Lune ». Elle a joué ce morceau encore et encore, en faisant jouer tout son corps, ses poignets qui flottaient sur les touches, son déhanchement sur le tabouret me donnait des frissons. J’essayais toujours de faire comme elle, de me déhanchais comme elle le faisait, puis je fermais les yeux, mais je sentais toujours ses mains sur mes hanches par la suite, pour m’apprendre comment il faut bouger pour bien jouer.
Le conservatoire de musique était dans quelques semaines, je stressais bien sur, mais une idée me hantait l’esprit ; était-elle intéressée par les femmes ? J’en avait déjà parlé a mon meilleur ami, Kevin. Kevin et moi nous étions comme frère et sœur, parfois même comme cul et chemise, bien sur c’était lui le cul (rires). En matière de femmes, il en connaissait bien sur un rayon, beaucoup plus que moi, il changeait de copine presque toutes les deux semaines et savait par cœur les réactions des femmes. Bon je ne vais quand même pas dire qu’il était infaillible mais il avait quand même du nez Kevin. Un jour on était au café après l’une de mes leçons de piano, il a commencé à me questionner sur les cours, sur le conservatoire, et sur Alexandra.
« Tu ne lui a toujours rien dis Fran ? » il a dit en mordillant sur les baguettes de sa nouvelle paire de Ray Ban.
« Toujours, je ne crois pas que j’ai mes chances de toutes façons. Cette nana, elle est, comment te dire sans quand tu me prennes pour une folle ! Elle est juste et tout simplement parfaite ! » je regardais mon café, un peu mélancolique.
« Et toi tu ne peux pas l’avoir justement parce que …. ? » il a dit avec un sourire au coin.
« Alexandra est beaucoup trop bien pour moi tu comprends ? En plus le plus gros problème c’est que je suis sure qu’elle est hétéro !» j’ai lancé ca d’une façon tellement désespérée que ca m’a fait pitié de l’entendre. Ca a poussé un peu la curiosité de Kevin.
« Et bien on va voir ca ! » il a dit avec les yeux pétillants de malice.
Je lui ai dit de m’expliquer ce qu’il voulait dire par la mais rien à faire, il est resté aussi mystérieux que cette stupide phrase. Quand j’y repense maintenant, j’aurais peut être dut insister pour qu’il me réponde. Le lendemain, je suis allée comme d’habitude à mes cours de piano. Je suis sortie et j’ai vue Kevin qui m’attendait dehors, dans sa superbe petite Porche (son aimant a nanas) et pour une fois, le siège passager ne contenait pas de petit cul sur le cuire noir de la voiture. Je l’ai regardé bizarrement, car il avait mis son accoutrement de Don Juan, c’est sure il allait se la péter grave.
« T’as mis ton costume du dimanche Bruce Wayne ? » j’ai dit en montant dans la voiture.
« Attache seulement ta ceinture Robin, ca va décoiffer ! ». Il m’a dit qu’il allait me déposer chez Alexandra aujourd’hui, et ca ne m’a même pas semblé bizarre, alors que ca aurait du me mettre la puce a l’oreille. En a peine quinze minutes, on était déjà chez elle. Elle n’était pas encore arrivée, mais comme a son habitude, elle avait laissé la porte de derrière ouvert, et je me suis dirigée vers l’entrée. Kevin m’a suivi, je ne savais pas vraiment si Alexandra allait apprécier mais il m’a dit qu’il avait une envie pressante, donc je n’ai pas vraiment cherché a savoir si c’était vrai ou pas. J’ai déposé mes affaire, j’ai joué un air sur le piano en attendant qu’il termine dans la salle de bain. Quand j’ai fini l’air de « Clair de Lune » en faisant un minimum de fautes sur les intonations, j’ai souri en pensant qu’Alexandra avait quand même fait du bon boulot en six mois seulement, mais je me suis aussi rendu compte que Kevin n’avait toujours pas fini. Je l’ai appelé mais toujours rien. Je suis donc monté a l’étage pour voir ce qu’il faisait, mais comme il n’était pas dans la salle de bain j’ai un peu commencé a paniquer.
« Putain Kevin t’es ou bordel ?? Qu’est-ce que tu fous ? », j’avais a peine prononcé cela que je le retrouva dans la chambre.
« Mais qu’est-ce que tu fous putain ? » j’ai dit complètement paniquée.
« Calme toi, j’ai fait une belle découverte quand même ! Tu voulais savoir si elle aimait les femmes ou pas n’est-ce pas ? » il a dit avec un énorme sourire sur le visage.
« Mais t’es malade. Ferme ce tiroir il faut absolument que tu t’en ailles. » je l’ai tiré par le bras mais comme il insistait vraiment pour me dire ce qu’il avait découvert, il essaya de lâcher prise pour capter mon attention en me secouant le bras et me fit perdre mon équilibre. Je trébuchai contre le pied du lit et emmenai Kevin dans ma chute, et il tomba lourdement sur moi pendant que j’amortissais notre chute sur le matelas. J’avais tout son torse sur la tête, je ne pouvais même pas prononcer un mot, tout ce que je pouvais faire c’était d’essayer de me débattre et de faire des sons étouffés.
« Mais qu’est-ce qui se passe ici ? » c’était Alexandra.
A suivre…
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